Léa Lemieux – – 29 juin 2026 –
À 24 ans, Joey St-Jean habite dans un CHSLD. Le jeune homme, lourdement handicapé, mène un combat depuis un an : trouver un appartement supervisé, hors du système de santé. Jusqu’à maintenant, cette quête a été vaine. Profondément malheureux, il demande maintenant l’aide médicale à mourir.
« Avant d’entrer en hébergement, j’étais heureux, motivé et déterminé. J’avais des projets de vie, d’études, de travail. J’avais des rêves », raconte-t-il, en entrevue avec La Presse.
Joey est atteint d’amyotrophie spinale, une maladie génétique et héréditaire qui entraîne une perte progressive du contrôle des muscles de tout son corps. Cloué dans un fauteuil roulant, le jeune homme a besoin d’aide pour toutes les tâches du quotidien, mais il a « toute sa tête », précise-t-il.
Jusqu’à 20 ans, il vivait avec ses grands-parents. Il a ensuite été placé dans une ressource intermédiaire, un milieu de vie entre le domicile privé et le CHSLD. Joey affirme s’être senti « garroché là, sans explications ».
« C’était un changement radical par rapport à mon ancienne vie », souligne-t-il. Après une situation « compliquée », il a été transféré au CHSLD Paul-Émile-Léger, à Montréal, en 2024. Un endroit où il ne se sent pas heureux.
« Je me sens comme un numéro. Je ne me sens pas aimé, je ne me sens pas vivant. » – Joey St-Jean
C’est pourquoi il a déposé, il y a deux semaines, une demande d’aide médicale à mourir (AMM). La demande doit encore être évaluée et approuvée par un médecin ou une infirmière spécialisée, qui devra obtenir l’avis d’un deuxième professionnel indépendant. « C’est motivé par mon impuissance face au système de santé, par le découragement que je vis chaque jour, littéralement », explique-t-il.
Et Joey n’est pas seul dans sa situation. « On voit beaucoup ça apparaître, la hausse d’aide médicale à mourir en raison du manque de ressources pour vivre en toute autonomie », dit Vanessa Tanguay, professeure adjointe à la faculté de droit de l’Université de Sherbrooke, en réaction à son histoire.
