Québec relance le Programme d’adaptation de domicile : une bonne nouvelle, mais plusieurs inquiétudes demeurent
Photo Radio-Canada Georges-Étienne Nadon-Tessier

Québec relance le Programme d’adaptation de domicile : une bonne nouvelle, mais plusieurs inquiétudes demeurent

Résumé de l’article d’Ariane Émond – Radio-Canada – 27 juillet 2026 et le point de vue de l’AILIA

Le gouvernement du Québec a annoncé la relance du Programme d’adaptation de domicile (PAD) à compter du 12 août 2026, après plus d’un an de suspension. Accueillie favorablement par plusieurs organismes et personnes en situation de handicap, cette annonce soulève toutefois d’importantes questions quant à la stabilité et à l’ampleur du financement accordé au programme.

Le PAD permet aux personnes en situation de handicap ainsi qu’aux personnes âgées ayant des limitations fonctionnelles d’adapter leur domicile afin de pouvoir y vivre de manière autonome et sécuritaire. Rampe d’accès, salle de bain adaptée, élargissement des portes ou autres modifications essentielles peuvent faire toute la différence entre l’autonomie et la dépendance.

Une suspension aux conséquences bien réelles

Pendant la suspension du programme, plusieurs personnes ont dû retarder ou abandonner des travaux pourtant essentiels. Certaines ont même assumé elles-mêmes des coûts très importants afin de conserver leur autonomie. Radio-Canada rapporte notamment le cas d’une mère tétraplégique de Québec qui a dû débourser plus de 100 000 $ pour adapter sa nouvelle résidence à ses besoins.

Cette situation a également eu des répercussions sur de nombreuses personnes qui se retrouvent dans des logements inadéquats, parfois incapables d’accéder librement à leur domicile ou à certaines pièces essentielles de leur habitation. Des organismes de défense des droits ont dénoncé à plusieurs reprises les impacts de cette suspension sur la qualité de vie, la sécurité et la dignité des personnes concernées.

Une réouverture saluée, mais un financement jugé insuffisant

Le gouvernement annonce une enveloppe de 88 millions de dollars pour les années 2025 et 2026 afin de remettre le programme en fonction. Toutefois, plusieurs acteurs du milieu estiment que ce financement ne permettra pas de répondre adéquatement aux besoins actuels, notamment en raison des nombreuses demandes déjà en attente.

Les organismes craignent que l’histoire se répète et que le programme se retrouve à nouveau sous-financé dans les prochaines années. La question de la pérennité du financement demeure donc au cœur des préoccupations.

Le point de vue de l’AILIA

Lors d’une entrevue accordée à Radio-Canada, André Leduc, directeur général de l’AILIA, a rappelé qu’un manque de soutien financier pour l’adaptation du domicile peut engendrer une forme de discrimination envers les personnes en situation de handicap en les reléguant au rang de citoyens de seconde zone.

À l’AILIA, nous accueillons positivement la réouverture du PAD, puisque ce programme constitue un levier essentiel pour favoriser le maintien à domicile et la pleine participation sociale des personnes handicapées. Toutefois, cette annonce ne règle pas le problème de fond : le manque chronique de logements accessibles et adaptés au Québec. Notre organisme constate quotidiennement les difficultés vécues par les personnes qui recherchent un logement répondant à leurs besoins ou qui doivent adapter leur résidence afin de préserver leur autonomie.

Investir dans l’accessibilité, c’est investir dans l’avenir

L’adaptation d’un domicile ne constitue pas un luxe, mais une nécessité. Elle permet aux personnes de demeurer dans leur milieu de vie, d’éviter l’isolement, de réduire les risques d’accidents et de préserver leur qualité de vie. Elle contribue également à diminuer la pression sur les réseaux de la santé et des services sociaux en favorisant l’autonomie des citoyens.

L’AILIA poursuivra ses efforts de sensibilisation et de représentation afin que les programmes gouvernementaux destinés aux personnes en situation de handicap soient financés de manière adéquate et prévisible. L’accessibilité universelle doit être considérée comme un investissement collectif permettant à chacun de participer pleinement à la vie de la communauté.


Pour écouter l’entrevue de notre directeur général, André Leduc :
👉 Écouter l’entrevue à Radio-Canada OHdio

Pour lire l’article complet de Radio-Canada :
👉 Consulter l’article

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